vernissage vendredi 13 avril 2018 18h30


Azul, bleu en espagnol, est un dérivé du mot azur (n.m. ar.lāzaward, du persan lâdjourd, lapis-lazuli; 1080)

 

On dit également pierre d’azur.

Pierre du sol, de la terre, de la roche, pierre couleur du ciel, de l’illimité, de l’inatteignable, de l’espace.

Couleur de la robe de la Vierge, couleur des manteaux des rois de France (sur champ d’azur !), couleur des fonds ultramarins, de la mer, de l’horizon, du ciel, de la voute céleste, elle est la cape immense de l’impalpable, celle des voutes architecturales telle la Sixtine avant que Michel-Ange ne la peigne, elle est recherchée par les peintres au même titre que l’or.

 

Couleur céleste par excellence, elle est l’infini, le vertige, le nocturne avec ses zones d’ombre et de lumière: vaste comme la nuit et comme la clarté nous dit Baudelaire.

Elle est nuées des poètes, éther des scientifiques…

Regarder le ciel et la mer et la nuit tout à la fois…

L’œil s’y abime, s’y noie, se perd, s’éloigne et se rapproche.

Insaisissable image, interrogeable espace, invisible cosmos, elle donne corps à l’immatériel…

La voir c’est déjà y rêver !

Tendons la main, le doigt, tout s’efface…

Tentons de la cerner… Patience, oui, mais dans l’azur…

 

Didier Petit février 2018

 


Pascale Hugonet

 

"A l’origine, un double questionnement.

D’abord, la question du temps. Non pas le temps qui se mesure, mais celui plus poétique, plus existentiel, qui se perçoit ; Ce temps là ne peut se penser sans la question de la disparition. 

 

Et puis l’écriture ; celle qui pourrait être un « au delà du langage » (R.Barthes), une volonté de signifier autrement, contre la norme du lisible. 

L’écriture illisible pour évoquer le non-dit, l’inter-dit, ce qui fait écart ou lien entre le dicible et l’indicible.

J’ai dès lors engagé un travail sur le signe, la trace, l’écriture spéculaire.

La radicalité du propos de certains artistes du XXème , leurs répétitions du geste comme engagement physique du temps en mouvement ont aiguillé ma propre démarche.

 

Chaque jour, comme une pulsion de vie, je suis à l’atelier… 

Il y a d’abord une nécessité dans la mise en œuvre.

Elle démarre toujours par une matérialité affirmée : la cire, le torchon, le papier. 

Puis, je décide de l’identité narrative. 

 

Par tâtonnements et ajustements successifs, le protocole se précise ensuite dans l’expérimentation ; formes, couleurs, assemblages, mes choix se font avec la matière, sans croquis préalable. 

 

Le geste obsessionnellement répété en définit la topologie.

Une œuvre après l’autre, le mode d’intervention se déplace à peine, la série se dessinant imperceptiblement dans cette frêle évolution.

 

A l’heure où les slogans et les raccourcis envahissent nos espaces de langage et en perturbent le sens, je cherche à trouver par mon geste plastique un chemin vers une langue universelle, intime et fondamentale."

 

 

 


Didier Petit

 

"Artiste, je privilégie le dessin depuis de nombreuses années, cherchant à travers cette pratique, à lui instaurer un statut différent et varié, du crayon sur papier à l’installation, de la réalisation de dessins muraux à la mise en scène de l’espace de la galerie, de l’image intime à l’objet.

Je poursuis ainsi depuis plus de vingt ans un travail méthodique et encyclopédique de dessin d’observation basé sur l’imagerie scientifique (astronomie, entomologie, anatomie, imagerie médicale, I.R.M....) ou celle du dictionnaire (botanique, géographie, géologie)

Depuis 2006, je travaille des papiers découpés, de grandes tailles, qui inscrits sur les lieux permettent, par transparence, de jouer de l’ombre et de la lumière, révélant par là toute l’écriture architecturale du lieu d’exposition.

 

Fixé entre deux plaques de verre ou deux feuilles de plexiglas, parfois marouflé sur les vitres, il s’agit d’un dessin dynamique qui engage l’espace par la lumière, jouant des interactions entre l’œuvre, l’intérieur, l’extérieur et le spectateur.

Chaque projet est spécifique à chaque lieu.

 

Le dessin s’étire, se transforme, s’adapte à la structure préexistante pour le rappeler, l’évoquer le transposer. L’image utilisée est toujours faite en corrélation avec les possibilités offertes mais aussi comme une mise en écho."